Les populations de vertébrés sauvages ont chuté en moyenne de 73 % depuis 1970, selon le dernier rapport du WWF publié en octobre 2026. Cet effondrement, mesuré par l’Indice Planète Vivante (IPV) qui suit 5 790 espèces, confirme une tendance déjà connue, mais révèle aussi des disparités géographiques majeures. Certaines régions subissent des pertes bien plus dramatiques que d’autres, tandis que d’autres montrent des signes de résilience relative.

Des disparités régionales alarmantes

L’Amérique latine et les Caraïbes enregistrent le déclin le plus sévère, avec une baisse de 95 % des populations animales. Cette région est particulièrement touchée par la déforestation, la construction de barrages et la surexploitation des espèces, accélérées par le changement climatique. À l’inverse, l’Amérique du Nord affiche une baisse moins marquée (28 %), en partie car certaines populations, comme celles de la loutre de mer ou du saumon, se sont stabilisées après des décennies de déclin.

  • L’Europe et l’Asie centrale perdent 23 % de leurs populations, grâce à des efforts de conservation efficaces pour les mammifères et les oiseaux.
  • L’Afrique, avec une baisse de 80 %, voit disparaître ses poissons d’eau douce à un rythme effrayant, tandis que certains grands mammifères, comme les éléphants, montrent des signes de rétablissement.
  • L’Asie et le Pacifique subissent une diminution de 49 %, principalement due aux espèces invasives et à la dégradation des habitats.

Les écosystèmes les plus menacés

Les milieux aquatiques sont les plus touchés : les populations d’eau douce ont diminué de 85 %, en raison de la pollution et des barrages, tandis que les milieux marins accusent un déclin de 59 %, notamment chez les requins et les raies. Les écosystèmes terrestres, eux, ont perdu 69 % de leurs populations, principalement à cause de la déforestation et de l’expansion agricole.

« Le déclin n’est pas inéluctable. Là où les humains se sont engagés, la faune sauvage est revenue. »

Malgré ces chiffres alarmants, le WWF rappelle que des solutions existent. Le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, adopté en 2022 par la quasi-totalité des pays, vise à inverser cette tendance d’ici 2030. Des exemples de rétablissement, comme celui des éléphants en Afrique ou des loutres en Amérique du Nord, prouvent que des actions ciblées peuvent avoir un impact positif.